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par Réjean Labelle Et vlan, sur la poire! Le boxeur se retrouve au plancher, sonné. Nous sommes au onzième round et l’homme est épuisé, purgé de son énergie. Devant lui se dresse un adversaire redoutable qui est bien décidé à en finir. Le boxeur est haletant, blessé, ensanglanté. Alors, il lui passe une idée en un éclair: ``Et si je ne me relevais pas, le calvaire serait terminé.`` Il n’a qu’à rester par terre l’air hébété pour mettre fin à ce supplice. Ce serait tellement bon de rester là étendu, juste quelques secondes pour se reposer car il n’en peut plus! Et pourtant, péniblement, il se relève. L’arbitre lui pose une question pour voir s’il a bien récupéré et donne le signal de la reprise du combat. Et allez hop ! c’est reparti. Les coups pleuvent de toutes parts mais notre homme réussit à tenir l’autre à distance grâce à ses ``jabs`` et à ses esquives. C’est un professionnel du ring qui en a vu d’autres. La cloche sonne enfin annonçant la fin du round et il retourne dans son coin. Son entraîneur lui prodigue rapidement quelques judicieux conseils puis lui fait remarquer que l’adversaire semble blessé à la main gauche et que c’est probablement pour cette raison, entre autres, qu’il baisse son bras pour ne pas exposer sa main et aggraver sa blessure. Dans la tête du boxeur, c’est enregistré. La cloche sonne à nouveau et le duel reprend pour le douzième et dernier round.
Le boxeur vise la main de l’adversaire et la frappe le plus souvent possible. Les minutes s’écoulent et il voit la douleur dans l’œil qui le regarde. Encore un coup qui atteint la main blessée qui s’éloigne un bref instant du visage par réflexe. C’est le moment, maintenant. Le direct part, fulgurant et foudroyant, atteignant la pointe du menton de l’adversaire qui bascule inconscient vers l’arrière, les bras ballants. Tout est terminé. Notre boxeur qui songeait tantôt à ne pas se relever a finalement gagné la bataille. Il est vainqueur et c’est son attitude qui l’a mené à cette victoire. Voilà ce qu’est la résilience : savoir se relever après une chute et continuer le match de la vie. Bien sûr, nous avons tous nos combats et rien n’est acquis ni gagné à jamais. Nous nous sommes tous un jour ou l’autre retrouvés au plancher, quelques minutes, quelques heures, quelques semaines ou quelques mois. La résilience, c’est de croire en la vie, de croire que demain sera mieux et qu’à force de courage, de stratégie et de rêves, nous forgeons notre destin. La récurrence dans l’effort stratégique produit inévitablement des résultats. C’est mathématique, c’est ce qu’on nomme la loi de la moyenne. La résilience, c’est ne pas regarder en arrière au risque d’être changé en statue de sel comme le dit si bien Boris Cyrulnik. C’est avancer toujours en se disant que toute action provoque une réaction qui est préférable au marasme du néant et de la décrépitude. Je suis convaincu que nous construisons tous notre pièce de théâtre et décidons du rôle que nous y jouerons. Nous pouvons nous donner le rôle de gagnant, de perdant, de victime, de guerrier, de sage, d’agité, de tendre, de dur, d’actif ou d’inactif. La résilience, c’est écouter son instinct de vie plutôt que son instinct de mort. C’est également comprendre et absorber son passé qui peut être douloureux comme une expérience qui nous a servi à grandir et non à nous détruire. L’être résilient n’oublie pas, il regarde simplement le passé d’un angle différent de celui qui ne l’est pas. Il organise donc ses perceptions et ses actions en ayant une vision d’espoir quels que soient les embûches ou traumatismes vécus en sculptant son présent et son futur. L’être résilient est un être déterminé et passionné de la vie qui a fait le choix sans condition de se réaliser. Pour en savoir davantage au sujet de Réjean Labelle, visitez la fiche de l'auteur inscrit au répertoire Ressourcespro en cliquant ici
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