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par Carole Miville
Êtes-vous le genre de personne qui fait la moue (dans le genre hannnnnnnn) lorsque l’on vous raconte une histoire drôle ? Ce n’est pas très fort ! Lorsque vous agissez ainsi, vous êtes en train de faire fuir les comiques et ensuite vous vous plaindrez qu’il y a juste du monde ennuyant autour de vous… Saviez-vous que les membres du très sérieux conseil d’administration d’IBM International débutent leur rencontre avec des histoires drôles et quelques pitreries ?
Je conviens qu'il y a parfois des histoires qui sont plates! Mais en avez-vous une meilleure? Hum... Facile de critiquer. N'êtes-vous pas toujours un peu comme ça dans tous les domaines de votre vie? « Dis-moi de quoi tu ris et je te dirai qui tu es… » Marcel Pagnou J’ai observé depuis plusieurs années que les blagues ou les humoristes qui ne nous font pas rire ou que nous avons carrément en aversion viennent toucher une corde sensible à l’intérieur de nous et que l’on pouvait s’en servir pour faire un peu d’introspection. Mais soyons plus précis. Il y a des jours où les blagues sexistes anti-femme me font beaucoup rire et d’autres jours où elles m’agressent ! Pourtant ce sont les mêmes blagues ! Alors qu’est-ce qui fait que je les reçois différemment ? C’est très simple : lorsque je suis fâchée contre un homme, je ne trouve pas cela drôle et lorsque j’ai réglé le problème et que je suis revenue à de meilleurs sentiments, je suis la première à raconter les histoires en question ! Il y a des blondes qui trouvent les blagues de blondes très drôles parce qu’elles ont une bonne estime d’elle-même et ne se sentent pas concernées par le côté niais associé aux blondes et les autres qui ont une piètre opinion d’elle-même qui se sentent offusquées parce que ça les touche dans le peu de confiance qu’elles ont en elles! En général, les blagues à caractère sexuel font rire les gens qui sont à l’aise avec la sexualité et « titillent » ceux qui le sont moins ! Les homosexuels qui n’aiment pas les farces sur l’homosexualité ne se sont pas, à mon sens, encore complètement acceptés. S’ils réclament le droit d’être traités sur le même pied que les hétéros, ils doivent aussi être capables de rire d’eux comme le font les hétéros avec les blagues sexistes ! Il y a plusieurs années, un ami à moi a eu un accident de la route qui l’a rendu paraplégique, le clouant ainsi sur un fauteuil roulant. Les gens sont généralement mal à l’aise devant ce type de personnes. Il a été le premier à raconter des blagues d’handicapés pour favoriser le contact. Il démontrait ainsi une certaine forme d’acceptation de son état. J’aimerais vous raconter une histoire amusante côté racisme. Il y avait plusieurs infirmières auxiliaires de race noire à la résidence où habitait ma mère. Un jour, je demande à ma mère, alors âgée de 88 ans, si ça la dérangeait que ce soient des personnes noires qui s’occupent d’elles. Les gens d’un certain âge sont parfois plus réticents… Elle me fit la réponse suivante : «Ça ne me dérange pas du tout! Je trouve même que c'est préférable car elles sont aussi lentes que nous !» Comme quoi il y a un bon côté à tout ! J’en profite pour saluer et remercier tous ces gens de couleurs qui se dévouent corps et âme dans le réseau de la santé dans des types d’emplois que des gens d’ici ne veulent souvent plus occuper. Merci à vous et à tous les intervenants de toute race de prendre soin de nos parents malades ! Je veux préciser qu’il y a des sujets très tabous en matière d’humour. Je pense entre autres au viol et à la pédophilie avec lesquels aucun humoriste n’est arrivé à trouver le fameux « angle ». Mais au risque de choquer, je sais que ça viendra et probablement au détriment des agresseurs comme c’est le cas pour les guerres et le terrorisme qui sont tout aussi tragiques! C’est souvent avec le recul qu’il est possible de le faire ou encore en utilisant des anecdotes qui se produisent sur le terrain. Exemple : Comment George Bush a eu l'idée de conquérir l'Iraq? Parce qu'un jour il a demandé à sa fille: «Que veux-tu pour ton prochain anniversaire?» et elle de répondre: «Je veux un (new Bag Dad!)» Pour le reste si une blague ne vous fait pas rire, au lieu de faire la moue, sautez sur l’occasion pour vous demander ce que ça vient toucher de vulnérable à l’intérieur de vous et concentrez-vous à le régler pour étendre votre réceptivité au rire et à l’humour ! Il peut aussi arriver que certaines blagues ne vous fassent pas rire parce que vous en ignorez tout simplement le contexte ou la culture dans laquelle elles s’inscrivent. Ainsi, plus étendue sera votre culture, plus vous augmentez vos chances de rire et de faire de l’humour ! Parce qu'il n'y a pas de résultat sans action, je vous propose une activité pour vous aider à apprécier l'humour et ceux qui en font. Prenez un papier et un crayon et identifiez le genre de blagues qui ne vous font pas rire. Fermez les yeux et demandez-vous ce que ça vient éveiller en vous. Ce peut-être un évènement douloureux, une relation conflictuelle, une peur non affrontée. Laissez monter les souvenirs. Ouvrez ensuite les yeux et écrivez ce qui est monté à votre conscience. Exprimez l’émotion qui y est rattachée : honte, colère, tristesse etc.… et laissez-la sortir. Prenez la boîte de mouchoirs si nécessaire. Lorsque vous avez terminé, mettez-vous en contact avec le genre de blagues en question et voyez la différence. Refaites l’exercice jusqu’à ce que vous soyez capable d’en rire. Ça viendra, vous verrez ! Qu'est-ce qu'on fait avec ça au travail ? Saviez-vous que les membres du très sérieux conseil d’administration d’IBM International débutent leur rencontre avec des histoires drôles et quelques pitreries ? Hum… Du monde sérieux pourtant ! Ils ont compris deux choses :1. Lorsque tu commences une réunion de cette façon, ça te permet de couper avec le lieu d’où tu viens et d’être ainsi plus présent à ce qui va suivre 2. Ça te permet de te détendre avant d’aborder une nouvelle activité. Plus détendu = plus performant Il y a quelques années, je travaillais avec un groupe de secrétaires d’un établissement de santé qui résistaient à cette idée en me disant que les réunions étaient suffisamment longues sans que l’on rajoute cinq ou dix minutes de « niaiseries ». Je leur suggérai tout de même d’essayer et elles furent à même de constater que le temps de leurs réunions avait même diminué car les gens étaient plus présents et plus détendus ! Essayez-le! Mettez l’humour en avant-plan pour l’animation de vos congrès, de vos colloques et de vos journées de ressourcement. N’hésitez pas à faire appel à des professionnels si la situation l’exige mais utilisez aussi vos comiques naturels pour le faire. Ils se sentiront extrêmement valorisés et vous en seront très reconnaissants… de les reconnaître! C’est une façon de les apprécier! Ces gens sont une richesse immense au sein d’une organisation quel qu’elle soit ! Profitez-en et mettez-les en valeur ! Je me souviens d’un professeur qui me disait qu’il n’arrivait pas à gérer les comiques de sa classe. En le questionnant, je découvris qu’il réprimait l’humour d’une façon générale parce qu’il avait peur de perdre le contrôle. Ça me rappelle quelques patrons ! Je lui suggérai, non seulement d’accorder la permission, mais de demander systématiquement à son comique naturel de faire rire la classe pour au moins une ou deux minutes à tous les matins et en fin de journée, question de se mettre de bonne humeur ! Découvrez quoi ! Le jeune y est allé à plein rendement et pas n’importe comment car il était mobilisé dans ses forces au lieu d’être exclus à cause d’elles ! Maintenant qu’il avait, deux fois par jour, l’attention qu’il recherchait, il s’est graduellement calmé durant le reste de la journée ! Quelle leçon de pédagogie pour ce prof qui était loin d’être un éduc-animateur ! D’ici là je vous invite à visiter mon site web à www.formationpersonnelle.com ou à vous abonner à ma liste d’envoi pour recevoir des blagues une fois la semaine . Cet article a été rédigé par Carole Miville, inscrite au répertoire ResssourcesPRO. Visitez la fiche de l'auteure en cliquant ici
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