 Le statut de micro-entrepreneur permet de créer facilement son entreprise, tout en restant éventuellement salarié. Une véritable révolution en France. Explications. 300 000 auto-entrepreneurs à la fin de l'année 2009 ! Telle est l'estimation d'Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé des PME et initiateur du statut d'auto-entrepreneur. Pourquoi ce statut qui a vu le jour en Janvier 2009 dans le cadre de la loi de modernisation de l'économie suscite-t-il un pareil engouement ?
Qu'apporte-t-il exactement ? Réponse : d'abord il est universel. Que l'on soit salarié, chômeur ou retraité, on peut créer son activité « quel que soit son niveau », souligne le Ministre. Même les fonctionnaires pourront devenir des auto-entrepreneurs à partir de Janvier 2010. Activité complémentaire ou à plein temps, l'auto-entreprenariat se prête en effet à toutes les combinaisons possibles. Deuxième avantage : ce statut s'inscrit dans la révolution numérique. Plus de 80% des 200 000 auto-entrepreneurs actuels ont créé leur entreprise sur internet. Le troisième atout, et non des moindres, tient à la fiscalité des entreprises. Les prélèvements sociaux du type Urssaf sont effectués uniquement sur le chiffre d'affaires (forfait de 13 % pour une activité commerciale et de 23 % pour une activité de services). Ce qui veut dire que si votre auto-entreprise ne gagne rien, vous ne payez pas de cotisations. Sans peur et sans reproche. Tel est le leitmotiv de Jean Claude Volet, président du conseil de l'Agence pour la création d'entreprises (Apce) Pour lui, ce concept d'auto-entreprise a tout pour réussir car il permet à n'importe qui de tester une idée. « Plutôt que de prendre un risque, on prend sa chance », dit-il. Grâce à la possibilité de mener une activité d'auto-entrepreneur en parallèle avec d'autres activités, ce statut permet en effet de conserver son salaire, sa retraite et autres indemnités de recherche d'emploi. Il suffit d'en informer son employeur ou les administrations concernées. Au passage, ce statut permet en outre de légaliser le travail au noir. C'est pourquoi avec lui, selon Jean Claude Volet, « on peut créer sans peur et sans reproche » Une communauté ad hoc. Pour Alain Bosetti, président du Salon des Micro-entreprises et de planète auto-entrepreneur, il existe en fait deux profils d'auto-entrepreneurs : ceux qui veulent compléter leur revenu et ceux qui veulent tester une idée. Le baromètre de l'auto-entrepreneur mis en place par Ciel, éditeur de logiciels de gestion d'entreprise, confirme cette double approche. Présenté au début du mois d'octobre dans le cadre du Salon des micro entreprises, ce baromètre a été également l'occasion d'établir le portrait robot de l'auto-entrepreneur. A quoi ressemble ce nouvel hybride ? C'est d'abord un créateur qui ne se serait pas lancé dans l'aventure si ce statut n'existait pas. Il a démarré son activité sans étude de marché ni business plan. Il est de sexe masculin, est âgé en moyenne de 40 ans et dispose de plus de dix ans d'expérience professionnelle. Enfin, il exerce dans les métiers du service. Des conférences consultables en ligne. Sur le thème, 2009, année de l'auto-entrepreneur, le Salon des micro entreprises a été effectivement cette année un point de ralliement pour l'ensemble des acteurs de la création d'entreprise. Forum Auto-entrepreneurs, Village Auto-entrepreneur, Espace Création... les records d'affluence ont été battus, plus de 30 000 visiteurs selon les organisateurs. A présent le salon continue de vivre sur internet. Les dirigeants, créateurs et futurs créateurs de petites entreprises peuvent en effet retrouver sur le site du Salon des micro-entreprises les enregistrements de conférences ainsi que les interviews d'entrepreneurs, d'exposants et d'experts. --- SOURCE : Andrée Muller - Journaliste, écrivain - Auteure de La net économie, PUF 2007, collection Que sais-je ? |